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Nathalie Piquée : portrait d’une sage-femme engagée, pionnière de la santé mentale post-partum

En coulisses

Nathalie Piquée, fondatrice d’Urkind®

Dans l’univers de la santé mentale périnatale, rares sont les figures qui unissent à la fois une expertise clinique, une présence thérapeutique fine et une capacité à créer des outils concrets pour les professionnels et les parents.

Nathalie Piquée incarne cette alliance rare. Sage-femme, gestalt-thérapeute, formatrice et fondatrice de la méthode Urkind®, elle œuvre depuis plus de quarante ans à transformer l’accompagnement périnatal, en lui redonnant une âme, une exigence, une humanité.

Son engagement ? Offrir un soin incarné, respectueux de l’histoire de chacun, et capable de prévenir les souffrances profondes telles que la dépression post-partum, le deuil périnatal, ou les blessures transgénérationnelles.

À travers ce portrait, découvrez les fondements de sa démarche, les piliers de son approche, et la vision d’une femme qui considère que le soin commence là où l’humain est pleinement rencontré.

1. Une vocation façonnée par l’expérience

Nathalie Piquée débute sa carrière dans le sud de la France, avant de s’installer en Lorraine. Là, elle exerce à la fois à l’hôpital et en libéral. Pendant de nombreuses années, elle accompagne des femmes, des couples, des bébés. Chaque naissance, qu’elle soit heureuse ou marquée par la douleur, devient une rencontre singulière. Suivi de grossesse, accouchements, naissances de mères et de pères, deuil périnatal, post-partum complexe : son expérience de terrain est vaste, humaine, incarnée.

Très tôt, une conviction s’impose à elle : le soin ne peut se réduire à des gestes techniques. Il doit aussi accueillir l’invisible, l’émotionnel, l’Histoire. C’est dans ces moments de bascule, ces instants fragiles, que Nathalie Piquée pressent un autre niveau de savoir — un savoir que l’on ne trouve pas uniquement dans les manuels médicaux, mais dans les récits des femmes elles-mêmes.

Peu à peu, elle découvre un savoir ancestral, discret mais essentiel : celui qui ne cherche pas à maîtriser, mais à accompagner ; celui qui ne s’impose pas, mais qui révèle. Aux côtés de l’art obstétrical enseigné à l’université, elle fait l’expérience d’un autre art : l’art de la Maïeutique, au sens profond du terme. Non pas seulement faire naître un enfant, mais aider une femme à accoucher d’elle-même, de sa parole, de sa force intérieure.

Ce cheminement personnel et professionnel transforme sa manière de soigner. Elle refuse la verticalité, les dogmes. Elle revendique une posture plus juste, plus ajustée, plus humaine. À ceux qui affirment que “les patientes ne savent pas”, elle répond avec conviction : la qualité d’un soin passe par une collaboration éclairée entre professionnels et futurs parents.

L’expérience clinique de Nathalie Piquée devient alors le socle d’une posture différente : une posture fondée sur l’écoute, le respect, et la reconnaissance du savoir vécu comme une forme de compétence. Car dans le monde de la naissance, chaque fragment de vécu compte. Et chaque voix mérite d’être entendue.

2. Élargir les cadres : le soin comme art de la relation

Très vite, Nathalie Piquée ressent que la formation médicale, aussi rigoureuse soit-elle, ne suffit pas à saisir toute la complexité du vécu périnatal. Son intuition la pousse à explorer d’autres chemins, à questionner les limites du soin classique. Elle met son énergie à élargir les cadres de références et à faire le pas de côté nécessaire à la compréhension des enjeux psychiques.

Elle se forme à la psycho-généalogie auprès d’Anne Ancelin Schützenberger, pionnière dans la reconnaissance des héritages émotionnels transmis de génération en génération. Elle s’engage également dans une formation longue en Gestalt-thérapie, pendant plus de dix ans, pour approfondir sa capacité d’écoute, sa présence à l’autre, et sa compréhension des mécanismes psychiques. Elle complète son parcours par une spécialisation en neurosciences affectives et sociales, qui viennent confirmer scientifiquement ce que l’expérience clinique lui murmure depuis longtemps : le lien est un levier thérapeutique majeur.

Ces disciplines, croisées et intégrées, ouvrent de nouvelles portes. Elles permettent de voir ce qu’un protocole ne voit pas. De ressentir ce qu’un algorithme ne capte pas. Car une grossesse, un accouchement ou une période postnatale ne sont jamais de simples événements biologiques. Ce sont aussi des expériences existentielles. Elles peuvent raviver des blessures anciennes, réactiver des peurs enfouies, ou convoquer des mémoires transgénérationnelles invisibles mais bien réelles.

Être soignante, dans cette perspective, ne consiste plus uniquement à “faire” quelque chose pour l’autre. Cela devient un art de la relation. Un art subtil qui demande d’écouter au-delà des mots, de percevoir les mouvements internes, de sentir ce qui se dit dans un silence ou un regard. Il s’agit d’être là, pleinement, avec justesse, sans chercher à combler mais à soutenir.

Ce changement de regard transforme profondément sa posture. Nathalie Piquée ne fait plus pour les personnes, elle construit avec elles. Elle ne cherche plus à corriger des symptômes, mais à comprendre ce qui cherche à émerger. Cette approche humaniste et intégrative constitue le socle de son engagement : reconnaître que, derrière chaque symptôme, il y a une Histoire. Et que, parfois, c’est la qualité d’un lien d’humanité — plus que l’outil — qui permet une véritable transformation.

3. Le choix de transmettre : un acte politique

Après des années de pratique clinique, Nathalie Piquée se sent mobilisée par l’envie de transmettre. Non pour imposer un modèle, mais pour ouvrir des voies, donner des clés, faire émerger des consciences. Car pour elle, former, c’est avant tout éveiller.

Elle fonde Natal Formation, une structure indépendante pensée comme un espace de réflexion, de transmission et de transformation des pratiques. Elle conçoit des formations destinées aux sages-femmes, psychologues, puéricultrices, médecins, éducateurs, doulas… en intégrant une vision globale : corps, psyché, lien, histoire.

Son ambition est claire : permettre aux professionnel·les de se tenir autrement aux côtés des parents et des bébés et plus largement aux côtés des femmes. Sortir de l’automatisme. Retrouver du sens. Reconnaître que la personne humaine est le cœur du soin.

Au fil des années, elle écrit, intervient dans des congrès, publie des tribunes. Elle milite pour une clinique du lien plus incarnée, plus ajustée. Avec toujours cette exigence : relier la rigueur scientifique à l’intelligence relationnelle. Refuser les réponses toutes faites. Préférer le questionnement au dogme.

Ce qu’elle transmet, ce n’est pas une méthode figée, ni un protocole standardisé. C’est une posture. Une manière d’être avec l’autre, qui respecte son rythme, son histoire, sa vulnérabilité. Une manière d’exercer son métier en conscience, même dans des contextes contraints. Une manière de faire du soin un acte profondément politique — car il engage une vision du monde, des rapports humains, l’avenir d’une société.

4. Thérapeute de l’invisible : accompagner les mouvements internes

En parallèle de son engagement pédagogique, elle développe une activité thérapeutique organisée autour de la périnatalité. Très tôt, elle ressent l’appel de l’invisible. Ce qui l’anime en tant que thérapeute, ce sont ces zones muettes que la clinique traditionnelle peine à nommer : les émotions contenues, les mémoires enfouies, les vertiges intimes que la maternité peut réactiver.

Dans son cabinet, elle accompagne de nombreuses femmes en dépression post-partum, des couples confrontés à l’infertilité ou au deuil périnatal, des parents et des bébés déstabilisés par le tsunami émotionnel de la naissance.

Son écoute, habitée et incarnée, n’est jamais intrusive. Elle propose un espace sécurisé où l’on peut déposer ce qui ne s’est jamais dit. Car, pour elle, le soin véritable ne passe pas uniquement par des gestes ou des prescriptions : il naît de la qualité de présence, de la justesse du lien, de cette capacité rare à rester auprès de l’autre, même dans ses zones de chaos.

5. Urkind® : Plus qu’une méthode, une boussole

Derrière Urkind®, il y a plus qu’une méthode : il y a une femme, Nathalie Piquée, engagée depuis plus de quarante ans dans une démarche de transmission et de structuration du soin. Urkind® n’est pas un simple outil clinique, c’est une véritable philosophie du soin. Une approche qui invite les professionnels à porter un regard neuf sur les personnes accompagnées. À refuser la standardisation. À choisir une posture profondément humaine, vivante, incarnée — capable de rencontrer l’autre dans toute sa complexité. Car pour Nathalie Piquée, le soin ne se résume jamais à des protocoles : Il doit s’appuyer sur une posture humaine, vivante, capable de rencontrer l’autre dans toute sa complexité.

Urkind®, c’est d’abord une éthique relationnelle. Une posture qui engage pleinement les professionnels dans un art de l’écoute sans jugement, dans un accueil sans rigidité. Cette approche vise à créer un cadre suffisamment sécurisant pour que les émotions puissent émerger, être reconnues et être partagées, sans être mises à nu.

Pour Nathalie Piquée, ce sont souvent les zones les plus silencieuses — les non-dits, les malaises, les regards fuyants — qui abritent les clés d’un apaisement psychique véritable.

Cette vision du soin ne s’oppose pas à la technicité médicale — elle la complète. Urkind® se présente comme le chaînon manquant entre la rigueur obstétricale et l’humanité clinique. Il ne s’agit pas de choisir entre science et empathie, mais de les mettre en synergie, de les faire dialoguer avec intelligence et justesse.

Grâce à des supports visuels concrets, un langage accessible aux parents, grâce à une méthodologie claire fondée sur les recommandations de la HAS, Urkind® permet de mettre en lumière ce qui reste souvent tu : les souffrances invisibles, les émotions enfouies, les signaux faibles.

Cette approche parle deux langages à la fois :

  • celui du vécu, de l’intime, du ressenti, qui résonne avec l’histoire singulière de chaque parent ;
  • et celui de la rigueur professionnelle, qui facilite le travail en équipe, la clarté clinique et la transmission transdisciplinaire des informations.

Urkind® n’est ni un outil figé, ni une simple grille d’évaluation. C’est une cartographie psycho-émotionnelle vivante, qui permet aux professionnels de faire un état des lieux global : où en est la personne ? Quelles émotions dominent ? Quels besoins émergent ? Quelles ressources sont mobilisables ?

Elle rend possible un accompagnement à la fois équitable et différencié : ajusté à chaque situation, à chaque parent, à chaque contexte — sans jamais perdre de vue les réalités du terrain : contraintes logistiques, temps limité, cadre institutionnel.

Car au cœur d’Urkind®, une exigence demeure : Faire de chaque rencontre un espace de soin efficient parce que profondément humain.

6. Une parole engagée au service du vivant

Nathalie Piquée ne se contente pas d’accompagner ou de former. Elle prend la parole. Publiquement. Courageusement. Parce qu’elle sait que certaines questions ne peuvent plus rester à huis clos.

Dans des tribunes, des conférences, des écrits professionnels ou grand public, elle ouvre des espaces de pensée sur des sujets encore trop peu abordés : la dépression maternelle, les impacts du silence émotionnel, le suicide en post-partum, les violences obstétricales, ou encore le désarroi des soignants eux-mêmes.

Son engagement est à la fois clinique et sociétal. Elle refuse de cloisonner le soin dans les murs d’un cabinet ou d’une salle de naissance. Pour elle, soigner, c’est aussi transformer les représentations collectives, faire bouger les lignes du système, réhabiliter ce qui a longtemps été tu : les vécus intimes des femmes, les vulnérabilités du lien précoce, la richesse des savoirs expérientiels.

Elle milite pour une reconnaissance institutionnelle de la santé mentale périnatale, pour des politiques publiques à la hauteur des enjeux, pour des pratiques professionnelles qui articulent exigence et humanité.

Sa parole est singulière, parce qu’elle ne cherche pas à plaire, mais à alerter. Elle ne cherche pas à dominer, mais à relier. Elle invite chacun — soignant, décideur, parent — à interroger sa place, son rôle, sa responsabilité dans la co-construction d’une culture du soin plus vivante et plus consciente.

Conclusion – À hauteur d’humain

Ce qui traverse l’ensemble du parcours de Nathalie Piquée, c’est un fil : celui du soin incarné. À la fois clinique et sensible, méthodique et intuitif, exigeant et profondément ancré dans l’humain.

À travers Urkind®, elle offre aux professionnels et aux parents une autre manière de se rencontrer. Une autre manière de se soigner. Une autre manière d’exister.

Et au fond, comme elle aime à le dire :

« Ce que je sais, je l’ai appris par cœur. Ce que je sens, je l’ai appris avec le cœur. Et ce que je transmets, c’est une présence. »

C’est dans cet espace invisible — mais ô combien réel — que Nathalie Piquée situe la prévention la plus profonde : celle qui transforme sans brusquer, qui relie sans enfermer, qui soigne sans oublier l’humain.

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